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Bonheur, douleurs et fatigue

Comme le préconise mon ami Pierre je profite de la vie. Il y a quelques temps j'ai eu le bonheur immense de vivre deux jours sur un voilier  avec mon fils comme capitaine , en compagnie de ma femme et entouré d'amis. Il a quelques jours mon épouse a organisé une soirée de musique folk. Nous étions une centaine à manger dehors au soleil couchant puis à danser  ou à écouter la musique. J'ai vécu ces merveilleux  moments dans l'instant présent portés par les émotions les échanges vrais.  A chaque fois la maladie, et mes nouvelles limites se sont manifestées pour m'éloigner de ces temps de serénité et de joie. Même en mode éco, il arrive un moment où trop sollicité par les évenements et les émotions, la fatigue du corps et de l'esprit m'envahie. Tout devient compliqué,  je suis à court d'energie , il m'est alors très diffici...

Le cadeau

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Il y a un an Nouba rentrait dans ma vie. Nouba était alors un merveilleux chiot, cadeau magnifique de ma fille  pour la fête des pères. Aujourd'hui Nouba est un chien de 25 kilos, noir et Blanc, aux longs poils brillants. Il est beaucoup plus que cela. Il est une source inépuisable d'affection de gentillesse. Il est à mes côtés, jamais très loin  de moi quand je me repose .  Je ne suis pas seul, entouré par les miens porté par leur soutien leur amour. Mais la maladie m'a projeté dans une vie en décalée. Je suis à la maison quand tout le monde est au travail, je suis dans mon fauteuil la nuit quand la maison est endormie. Nouba ne connaît pas le myélome, pour lui je suis seulement ce que je suis aujourd'hui.Il s'adapte à mes capacités du moment. Pas besoin de lui dire quand j'ai mal, il me regarde et il ressent. Le cancer, m'a changé, si dans certaines métamorphoses il y ...

Je ne suis pas au combat

Je ne suis pas au combat. Je suis en vie,en amour, en tendresse, en partage. Je ne lutte pas, j’apprivoise mon corps. J'apprends de ses errances, je réveille en moi des forces, des énergies, que j'ignorais posséder. Le cancer n'est pas un mal extérieur. Je suis le  cancer. Je suis aussi le remède; avec l'aide des miens, des soignants, des chercheurs, je fais reculer ces cellules devenues hors contrôle. Je ne suis pas un combattant, je suis un marcheur, au pas lent, au rythme du souffle de ma vie. Je marche pour ne pas avoir mal, je marche pour méditer, je marche pour de nouvelles rencontres, je marche pour être bien vivant. Je fais ce que je peux, le chemin est incertain, mais j'ai confiance. Marcher sur ses deux jambes ou marcher dans sa tête, l'essentiel est d'être debout.

Parfois j'ai peur

Je connais de mieux en mieux mon corps avec ses bizarreries et ses forces ; chaque jour, j'apprends qui que suis. Je me sens de plus en plus en accord avec moi-même. Ma vie se ralentit pour être de plus intense. J'aime la vie, une vie de partage. Je mesure la beauté et l'immensité de chacun de ces instants de ces rencontres, semblables à milliers de cadeaux. Il me faudrait écrire tous ces prénoms, il me faudrait photographier, tous ces regards, il me faudrait montrer toute la douceur de ces gestes. Écrire c'est être seul, pour aller vers chacun d'entre vous. Le cancer est en moi et parfois j'ai peur. J'ai peur de vous perdre, de plus être là pour voir briller vos vies. Chaque fois la confiance revient, la confiance en vous tous. La mort n'existe plus quand chacun a en soi un peu de l'autre Nous devenons multiples et riches des différences partagées. La vie gagne contre la mort quand les émotions sont portées par une multitude de personnes prête...

Des centimètres en moins et invalidité

Comme chaque mois je suis allé voir mon medecin pour renouveler l'arrêt de travail. Comme chaque mois il m'a demandé de  mes nouvelles, il a pris ma tension, écouté mon coeur et mes poumons. Comme chaque fois, il m'a fait l'affront de me faire monter sur sa balance pour vérifier que je n'abusais pas des bonnes choses. L'auscultation se terminant, j'ai vu sur le mur la toise et j'ai demandé à Marcel, mon docteur  de me mesurer. Depuis que je suis malade je ne me suis jamais mesuré. Jusqu'à ce jour quand on me demandait ma taille, je répondais fièrement 1,92 m. Mais il y a 3   ans le myélome a attaqué quelques unes de mes vertèbres particulièrement la numéro 7 des dorsales. J'ai des tuteurs de titane pour suppléer à cette faiblesse, je me suis tassé, et depuis je n'avais jamais osé affronté la question de combien de centimètres ce cancer m'avait priv...

Nouvelles du magnétiseur

Le premier épisode du magnétiseur, je l'ai écrit pour rire. Ce n'était peut être pas si drôle. D'abord beaucoup de commentaires de lecteurs, pour dénoncer ce qui ressemble à du charlatanisme, mais aussi beaucoup de commentaires de personnes pour me dire qu'elles connaissaient quelqu'un de bien et qui lui m'apporterait du soulagement. Tout cela avec une réelle sincérité. Les quelques jours qui ont suivi la consultation j'ai ressenti un certain malaise. La cause première est la prise de conscience de m'être fait pour le moins manipulé. Est ce que cette attente de plus d'une heure, ce flot de paroles pendant la consultation, n'étaient pas là pour endormir ma vigilance ? Même si à un moment j'ai pensé partir, je suis quand même resté, je lui ai donné 40 euros, mais il a perdu toute crédibilité. Il.reste également le malaise, la gêne pour cette amie qui, pour mon bien m'avait conseillé d'aller voir ce monsieur, une gentillesse qui m...

Rémission et Douleur

Il y a deux ans je me préparais a être hospitalisé pour recevoir la partie lourde du traitement. Chimiothérapie intensive et autogreffe, tenue de camouflage pour mes visiteurs, mes proches et pour moi la descente vers l'absence totale de force et quelques désagréments. Ce moment heureusement plus court que prévu fut un temps difficile et intense. Aujourd'hui je comptabilise mes deux premières années de rémission, validées au dernier contrôle. Heureux de ce temps passé. Cela fait par contre deux et demi que chaque jour je prends des antalgiques, pour que la cohabitation avec la douleur soit acceptable. La douleur n'est pas une ennemie, elle n'est pas non plus une amie. La douleur est une présence, une partie de moi-même, que la plupart du temps j'accepte. J'essaie de la regarder sans la laisser me dominer. La douleur est une expression de mon corps de mon esprit. Il me faut la laisser sortir avant qu'elle ne devienne un cri plus fort que tout autre messa...