Articles

Affichage des articles associés au libellé patients

Histoire où j'apprends à me taire

Dans la salle d'attente d'hématologie, il y a trois personnes assises, une femme âgée entourée par deux femmes plus jeunes. Dans ce trio je devine deux sœurs et leur mère. Elles m'ont entendu parler du myélome, Les plus jeunes me font signe pour que je vienne discuter avec elles. Elles me confirment quelles sont bien sœurs et qu'elles accompagnent leur maman en consultation. Elles me racontent leur histoire. La maman vient de finir un troisième traitement et les résultats ne sont pas bons, les jeunes femmes me disent leur peur. ‎les deux sœurs prennent tour à tour la parole, la vieille dame me regarde à peine esquissant toujours un sourire de gentillesse. Elle reste silencieuse ne répondant pas aux sollicitations de ses filles. Celles-ci me posent des questions sur les nouveaux traitements sur les causes de la maladie, sur la recherche; et moi je m'applique à répondre à toutes ces interrogations . Après quelques minutes d'échanges la vieille dame, toujours...

Le vieil homme et son médecin

Dans la salle d'attente d'hématologie un vieux monsieur est assis, deux sacs devant lui, replié sur lui même il regarde ses pieds. Après avoir hésité je m' approche de lui et j'entame la conversation. Très vite le vieil homme se redresse, me regarde, me sourit et me raconte son histoire. J'étais sportif avant , puis je me suis mis à maigrir à avoir mal aux os. Mon médecin m'a dit que ce n'était pas normal qu'il fallait faire des analyses. Deux jours plus tard le matin, mon docteur m'appelle pour m'avertir qu'il a des résultats partiels et qu'ils ne sont pas bons. Il me tient au courant des qu'il a la fin des analyses. L'après midi on sonne à ma porte c'est mon médecin. Il me dit "c'est grave ce que vous avez c'est lié au sang. Oui c'est peut-être un cancer. Il faut que vous alliez aux urgences." Je n'ai pas préparé d'affaires car je ne pensais pas rester longtemps. Je dis à mon docteur qu'i...

Consultation hémato et vieille dame

Je suis en rémission, le myélome est un cancer qui a besoin d'une surveillance rapprochée. Il faut être prêt à réagir quand dans la moelle épinière les plasmocytes se mettront à nouveau à n'en faire qu'à leur tête. Aussi chaque trimestre je me rends au quatrième étage en hématologie. Aujourd’hui mon médecin hémato a une demi-heure de retard. Il faut dire qu'elle prend le temps de soutenir une vieille dame par le bras pour l'accompagner vers son bureau. elle prend le temps de la rassurer de lui expliquer. Avec moi, après avoir bien tenu son rôle de médecin sérieuse elle se permet de discuter même de rire alors évidemment et on n'est pas tout à fait dans les temps. Après la visite je vais attendre dans un couloir pour qu'on me fasse la fameuse prise de sang qui pourra informer du retour ou pas du pic annonciateur de rechute. J'attends avec plusieurs personnes dont une vieille dame installée dans un fauteuil roulant du CHU. Cette dame est énervée : ...

Le mode éco

Quand tu es un myelomane tu apprends à utiliser le mode éco, car quand tu as moins de carburant, pour aller loin, tu vas moins vite. Tu as facilement tes batteries à plat, il faut te ménager, en faire deux fois moins. Pourtant on te dira souvent que tu as bonne mine. Tu apprends aussi que la fatigue n'est pas seulement physique. Faire marcher son cerveau, être attentif, se concentrer fatiguent tout autant que de solliciter son corps. Le mode éco est indispensable voir inévitable. Si tu sors un soir, il vaut prévoir du calme l'après midi et du repos le lendemain. Tout excès se paie au comptant. S'économiser ne veut pas dire rester immobile, car immobile tu perds ton énergie, sans pour autant refaire le plein. La fatigue nourrit la fatigue. Pas simple tout ça. Mais le mode éco n'interdit pas de faire des arrêts au stand pour faire la fête avec les amis. Le mode éco peut aussi comprendre un programme, bonne bouffe et bon vin. Tout est question de dosage. ...

Raconter son histoire

L'autre soir, à la télévision, un pédopsychiatre définissait son rôle de soignant comme quelqu'un permettant au patient de raconter son histoire. Cette posture devrait être celle de tout médecin.  Car faciliter la parole du malade puis l'écouter c'est permettre d'abord à ce dernier de prendre de la distance avec ce qu'il vit et de lui même mieux comprendre ce qui lui arrive. De plus le malade à des choses à dire, il se connait. Dans l'histoire qu'il va raconter il y aura une multitude d'informations qui seront utiles et précieuses pour que le médecin puisse mieux soigner son patient . Il est en effet incroyable de voir souvent la mise en oeuvre d'une multitude de machines de techniques pour comprendre ce qui se passe dans un corps en oubliant que même malade ce corps est capable d'expression, il est aussi esprit et doué de parole. Plus la médecine se complexifie plus il est essentiel qu'elle n'oublie pas qu'elle d'abord une r...