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7 ans de vie

  Apres un long silence je reprends le chemin de l'écriture. Il  y a 7 ans les signes annonciateurs du Myélome venaient bouleverser mon univers . Bien sûr ma vie d'aujourd'hui n'est pas celle que j'avais imaginé.  J'ai dû laisser un travail passionnant,  mais pour mieux consacrer à une vie de bénévole et continuer à être dans le partage, la relation d'aide.  En rémission depuis 6 ans, il me reste les douleurs, la fatigue et l'obligation de m'adapter. Je ne peux pas courir, alors je marche un peu moins vite mais  avec un merveilleux chien à mes côtés. Je fais des siestes, je me couche tard,  je prends des antidouleurs  A l'arrivée du Myélome jai vecu jour après jour avec la peur des lendemains incertains. Aujourd'hui je partage  avec mon épouse,  le bonheur de voir les enfants  faire leur vie  et l'immense joie d'être grand parents  Durant ces années mon père, ma marraine sont morts  mais tellement vivants dans mon...

Douleur

Elle est rarement intense, elle est trop souvent présente.  Elle s'installe et occupe mon corps en se déplaçant sans logique apparente. Elle se fait suffisamment sentir pour prendre possession de mon esprit de ma pensée. Drôle de compagne que je me dois d'accepter mais qui me fatigue à vouloir diriger ma vie. Respirer, méditer et rester calme. Ne pas oublier non plus la prise régulière des médicaments. Rire, apprécier les beautés de la vie,  les rencontres, le partage.  S'oublier en allant vers les autres. Heureux de vivre m'a vie.

Épuisement et repos

Il est des moments où l'épuisement m'envahit. J'ai brûlé toute mon énergie, je ne peux que m'écrouler dans mon fauteuil. Moment d'inertie totale où même les pensées se figent. Lutter n'est pas possible, le corps se rebelle  pour m'obliger à stopper. Une douleur diffuse s'installe, somme des douleurs habituelles avec une intensité augmentée. En position allongée je ferme les yeux et je m'endort en quelques instants et qu'importe le bruit autour de moi Ce moment de repos durent quelques minutes rarement plus d'une demi heure. Au réveil généralement je me sens apaisé. Je peux reprendre ma vie, où je l'avais laissée, et pourquoi pas me mettre debout et aller marcher.

Empathie

  La souffrance, pas la mienne, celle des autres, celle que je reçois par leurs mots leurs regards, raisonne parfois dans mes propres douleurs. La maladie m'a rendu plus sensible, davantage réceptif. Quand l'émotion est trop forte quand elle est trop en concordance avec mon histoire, mon corps vibre à son tour et reprend avec ses maux les messages reçus. Je ne veux pas me laisser emporter par une empathie sans limite, qui m'empêcherait de rester moi-même et de continuer à partager ma route. Ecouter la souffrance et donner un peu de ma force de vie pour aider aux premiers pas vers l'apaisement. Ce que, durant ma vie professionnelle m'ont appris, les enfants handicapés et leurs parents est une aide précieuse pour ce que je vis aujourd'hui.

Victoires

  Le cancer se tient à distance je suis heureux de vivre et pourtant je pense à la mort. La mort est indissociable de la vie, il ne s'agit pas de la vaincre. La victoire serait de permettre à chacun de mourir sans souffrance, de mourir apaisé. Je ne sais pas si j'ai peur de la mort. Ce sont plutôt les derniers pas que j'appréhende. Est ce que mon corps me permettra de vivre mes derniers moments en étant pleinement présent avec ceux que j'aime ? Que mes pensées, mon esprit soient suffisamment tranquilles pour que je sois en conscience avec eux jusqu'au au bout. En attendant je profite de chacun instant de ma vie, et c'est la plus belle des victoires.

Vivant

Je suis avec mon fils. Sous la tempête, nous jouons au cerf volant, comme lorsqu'il était enfant. Ma fille est loin, nous nous voyons sur les écrans. Elle est avec son son homme , ils débordent d'amour. Je suis avec ma femme et je vois notre chemin parcouru et je ressens si fort ce qui nous lie. Je suis vivant, porté par ce bonheur, je vis chaque instant de cette vie. La fatigue, la douleur se font entendre et tentent couvrir les voix de ces amours. Il suffit d'un geste, d'un mot, ou même d'un souvenir pour que l'énergie des miens me remette en mouvement. Chaque jour, je m'émerveille d'être vivant.

Bonne mine et pourtant...

  J'ai bonne mine , bon appétit, et j'aime toujours autant rire. Le pic monoclonal est toujours à plat, merveilleux signe d'une rémission persistante . Tout va bien. Hier j' ai oublié mon Myélome. J'ai une une journée passionnante d'activités du genre de celles que j'avais lorsque que je travaillais. Hier soir j'ai oublié mon semainier, je n'ai pas avalé mes antalgiques . Cette nuit la douleur m'a réveillé, bien installée rien n'a pu la déloger. Je suis allé m'assoir dans mon fauteuil et je suis resté éveillé une bonne partie de la nuit. Ce matin avec sans doute une moins bonne mine, je ne peux rien faire. La fatigue les restes de douleurs me ralentissent le cerveau et le corps Progressivement les choses vont rentrer dans l'ordre. Il me suffit d'écouter mon corps et de lui offrir le repos qu'il réclame. Ainsi va la vie et je l'aime.