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Brèves administratives un peu longues

Je suis allé voir ma jeune banquière elle m'a proposée une assurance vie, je l'ai laissé dire. J'ai fait mon dossier pour l'invalidité et la prévoyance. Il manque toujours un papier. A chaque échange on m'en demande un nouveau. On a l'impression que ces personnes ont l'éternité devant eux. Moi pas. C'est ce que Je leur ai écrit tout en restant poli. Je ne sais  pas comment  mon message sera apprécié, j'espère qu'il sera compris.  L'assurance maladie te précise dans un courrier postal qui met 7 jours à arriver que pour gagner du temps il est préférable d'utiliser le net. Je ne demande que cela. Les tracasseries administratives pourraient être amusantes, mais pas toujours. D'abord pour certains d'entre nous elles peuvent signifier absence de revenus et sources d'angoisse Si je suis joueur, aujourd'hui je suis un joueur qui n'a pas toute l'énergie nécessaire et qui essaye de s'economiser. De temps en temps...

Entre malades

Nous nous retrouvons entre malades pour parler, s'informer, pour se soutenir, parfois se chamailler sur le bien fait supposé du curcuma, sur la nécessité de manger bio de chasser tout risque d'infection, sur ce qu'il faut dire ou ne pas dire. Nous dialoguons sur les réseaux, au téléphone, par écrit, dans des groupes de paroles. Mais pourquoi rester entre malades et parler du cancer alors que nous sommes en vie ? Mais c'est justement parce que nous sommes en vie; une vie avec la maladie, ses traitements ses rémissions, ses rechutes avec ceux que nous voyons mourir, mais avec l'espoir, de demain, avec le rire et les instants de bonheur. Tout cela fait partie de notre vie mais nous ne sommes seulement malades. Il y a tout ce qui nous a construit jour après jour, la famille les amis, nos passions, le travail, notre vie sociale. Nous n'avons pas deux vies, malade et bien portant l'une à côté de l'autre, l'une avant l'autre. Une seule vie où les d...

Nouvelle Année

Je n'ai pas peur du temps qui passe, simplement je sais qu'il me faut prendre le temps de vivre pleinement et totalement chaque minute qui s'ajoute au fil de la vie. Je ne ressens pas le besoin de courir après le temps, de combler à tout prix l'espace qui me reste. Je veux dans ma vie d'aujourd'hui, du silence de la douceur, de la lenteur et laisser la place à l'autre à l'inattendu de la rencontre. S'il y a une lutte elle est en moi, pour ne pas me laisser mener par les ressentis du corps qui voudraient me refermer, alors qu'il est vital de s'ouvrir. Je veux respirer la vie de tout mon être, dans les paysages dans les êtres vivants, dans l'amour, la tendresse. Tel que je suis aujourd'hui je suis heureux, riche de ma vie passée et de chaque jour ajouté. Je ne vis pas dans le passé je ne cherche pas à conquérir un futur lointain, je veux simplement avec obstination enrichir ma vie jour après jour. Je vous souhaite à tous une multitude...

Les fils

Impossible de se coucher, trop de mots à sortir de ma tête de mon corps. Trop de mots à transmettre aux personnes auxquelles je suis lié. Ce sont des mots libérateurs quand ils s'échappent de moi, ce sont des mots salvateurs quand ils me conduisent vers des êtres chers. Des liens pour se libérer pour se remplir du don de ceux qui sont là au bout de chaque fil. Il est tard la maison est endormie, assis dans mon fauteuil je ne suis pas seul. Je suis entouré de tout cet amour invisible si fort et si réel.

Attente des résultats

Il suffit d'une douleur nouvelle, de l'apparition d'un nouveau phénomène, d'une interrogation posée, pour que la fragile stabilité de la vie soit chahutée. Je ne suis pas un angoissé, mais la peur d'un nouvel inconnu fait naître en moi une multitude de pensées pas toujours contrôlables. Il suffit pourtant de prendre chaque chose l'une après l'autre, à chaque question posée trouver la réponse et réagir pas à pas. Il n'est pas possible de fuir et inutile de se fermer les yeux. Je laisse venir pour comprendre ce nouveau message du corps et ainsi pouvoir agir et retrouver l'équilibre. Comme tous les trois mois, j'attends les résultats, pour savoir si le pic montre le bout de son nez ou si c'est moi qui lui fait un pied de nez.

Mutations

Cellules mutantes Cellules qui se clonent Pic sur une courbe Os qui se trouent Vie qui bascule Limites estompées la mort qui s'approche Douleurs  envhissantes Vie stoppée Hôpital et soignants Pour  un Corps réparé Chimie qui soigne Chimie qui malmène Pour un cancer A l'arrêt L'espoir D'une vie au présent Une vie Éveillée Pas à pas Le temps s'étire L’essentiel  s'impose La rechute à venir Le retour des mutantes Tenter de se préparer A ce futur incertain Apprivoiser la peur Pour en conscience Vivre pleinement aujourd'hui Debout Dans une vie partagée Ne rien regretter Les yeux ouverts Recevoir et donner Sur un  beau chemin Paysage aux mille couleurs Chaque jour aller plus loin.

Nuit et neuropathies

Je vais bien, tous les 3 mois à chaque analyse, l’absence du fameux pic monoclonal, confirme ma rémission. La nuit cependant les effets collatéraux du myélome et de ses traitements s'invitent régulièrement Parfois mon corps se trouve secoué par les décharges électriques, et des brûlures. Les pieds fourmillent, les muscles se contractent. La douleur flirte avec un petit 6 sur la fameuse échelle mais continue, elle crée une gêne suffisante pour m'obliger à me lever. Je descend rejoindre mon fauteuil refuge du salon. Je prends un antidouleur supplémentaire , et j'attends. Je lis, j'écris. Je prends de la distance avec mes sensations corporelles. Quand je me sens mieux, je me sors de mon fauteuil et remonte me coucher pour tenter de tranquillement de finir ma nuit. En 3 ans combien d'heures sur ce siège grand confort, à respirer, à penser, à me retrouver